#NP Blue Ocean Floor - Justin Timberlake
Ode à moi-même.
Paris, le 23/04/2013
Tu me manques un peu plus chaque jour.
Ton sourire, ta joie de vivre, ton enthousiasme, ta franchise, ta bouche boudeuse et ton regard hautain. Tu prenais tout le monde de haut, comme si personne n’était assez bon, assez bien, pour te parler comme si personne ne pouvait t’aborder.
Ton côté fleur bleue, amoureuse de l’amour, ne voyant que le meilleur chez ceux que tu aimes, aimant d’un amour sans mesure sans peur de se faire avoir. Essayant jusqu’à ton dernier souffle, jusqu’à la dernière possibilité de construire une histoire même quand tous les signaux d’alarme sont allumés, même quand tous les signes montrent que tu es seule dans cette histoire.
Ton côté “judgemental”, toujours un avis sur tout, le défendant cœur et âme pour que ton interlocuteur écoute tes propos et finisse par être d’accord avec toi. Ton fort caractère, qui ne t’apporte pas que des amis loin de là. Ce contraste entre la fille que tu veux être et celle que tu es, celle qu’on croit que tu es et celle que tu es vraiment.
Quand ton armure, ta carapace, tes portes blindées, tes pièges tombent, tu es enfin toi-même. Toi.
Pourtant, tu es de plus en plus absente, tu n’es plus là, ton corps si, ton esprit non, toi, n’est plus avec nous. Les évènements de cette vie trop courte n’ont fait que t’enfermer dans un rôle, dans un monde dans lequel tu n’appartiens pas. Tu te sens seule, tout le temps, toi-même me l’a dit. Même entouré de tes amis, de ta famille, du peuple, tu te sens seu-le.
Au lieu d’avancer donc tu régresses, tu retournes te cacher dans tes livres, tu réécoutes ces chansons que tu écoutais en boucle avant, quand on t’a brisé le cœur la première fois, quand tu déprimais et que tu écrivais pour t’en sortir. Tu repenses à cet ex qui t’a fait du mal et tu le reveux dans ta vie sachant que c’est peine perdu. Tu te sens tellement seule que tu es prête à balancer le peu d’estime que tu as de toi à la poubelle pour lui dire « Tu me manques ». Peu importe s’il a une copine ou non, peu importe les derniers échanges que vous avez eu ensemble et dans lesquels il était plus que froid, tu veux te jeter corps et âme dans cette bêtise et te fracasser une fois pour toute contre un mur.
Il ne t’aime pas mais tu ne t’aimes pas non plus en ce moment donc autant essayer non ?
Malgré tout, malgré les problèmes, ce divorce qui est moche, qui a brulé ta foi en l’homme, qui t’a arraché de ton monde où tout est rose et brillant, tout est en forme de cœur, malgré la peine et les larmes de ta mère, malgré le fait que ton cœur se soit refermé, se soit asséché, malgré la perte de cet ami, malgré ta peur de l’inconnu, ta peur croissante de perdre ceux que tu aimes, tu me manques.
Je veux retrouver la fille qui pleurait de joie devant ces séries américaines, la fille qui souriait aux couples amoureux dans les transports en non celle qui tourne les yeux et soupire se disant « I’ll end up alone ». Je veux retrouver cette fille qui aime sans mesure et se jette corps et âme dans chaque relation amoureuse. Cette fille qui avait parfois peur que son cœur déborde tellement elle aimait la vie, cette fille qui suivait son cœur et était heureuse, prête à affronter chaque jour.
Où es-tu ?
Tu t’enfermes dans un monde trop obscur pour toi, pour nous. Tu me manques, reviens. On peut s’en sortir si tu y mets du tien, oublie ton insécurité, pense à ton futur, pense à la chance que tu as de te réveiller tous les jours, pense au fait que personne ne connaisse ton mal être, pense au fait que tu n’as pas à affronter leurs regards compatissants, ou leurs discours d’encouragement. Lève-toi et rejoins-nous, je suis là je t’attends, ne vie plus ta vie par procuration, prends toi en main. On est là pour toi, tu sais qu’au fond je suis là, j’attends que tu reviennes, je t’oublie pas, je sais que tu es là, quelque part. Bats-toi pour moi, si tu ne veux te battre pour toi. Bats-toi pour nous, la vie est courte on a encore plein de chance de s’en sortir, on peut encore arrêter de faire semblant d’être heureuse et l’être vraiment, pour de vrai.
Je suis là, je t’attends. Reviens.




